L’artisanat au Maroc : l’éternel retour aux sources
Vous l’avez déjà vu. ou vous le verrez : cet homme, d’un âge mûr, noyé dans une large gandoura, martelant à longueur de jour nec des bassines en cuivre, ou amadouant une peau de mouton rebelle ou encore polissant du bon bois, un tronc de cèdre centenaire et sentant bon, Chaque ride: dans ce visage type renferme un secret, chaque muscle de cet homme déploie une idée chacun de ses gestes émane de l’histoire. C’est le Màalem, le Maitre. l’Artisan, Source vive, père spirituel de l’artisanat moderne. « L’enfanteur » de l’art marocain authentique.
Grâce à lui se réalisa l’alchimie de l’art populaire, devenue alors arts plastiques, art théâtral, art tout court mais sans que la source ne tarit un jour. Au contraire. L’artisanat, à l’origine de l’art marocain, est source, aussi, de devises, bourreau du chômage. Il emploie 500 000 personnes, soit 7% de la population active et ses produits représentent 5% des exportations. En 1980. 8.385 tonnes de tapis, destinés en grande partie a l’Allemagne Fédérale ont rapporté 286 millions de dirhams, soit pour cc seul poste prés de 3% de la valeur totale des exportations, le quart de ce que les agrumes ont rapporté cette année-la. Autant dire que l’artisanat est loin de disparaitre au Maroc, où c’est un Ministère qui préside aux destinées de ce secteur essentiel, riche et diversifié dont l’un des plus beaux fleurons est indéniablement le tapis.