L’art de la broderie

L’art de la broderie

Profondément enraciné dans le passé, héritier d’une longue tradition où le quotidien est sacralisé, où le travail est artistique, l’artisanat féminin témoigne d’une âme culturelle vivante.

Les femmes, en nombre important dans l’artisanat dit d’art, représentent une part non négligeable de la population active de ce secteur. Parmi les multiples activités des femmes, il y a les métiers liés à l’habillement, à la maroquinerie, au tapis, à la poterie, à la vannerie, à la ferronnerie, au tissage, à la passementerie et à la broderie … l’art de l’aiguille.
La bouderie, point après point, nœud après nœud, les femmes tissent la vie dans toutes ses formes et sous toutes ses couleurs.

Incontestablement, la broderie a joué et joue encore un rôle considérable dans la vie et l’art marocain. Les brocheurs habillaient et habillent toujours.les Marocains et les Marocaines de la tête aux pieds (caftans, serouals, babouches, ceintures, jabadors …) et revêtent leurs maisons de tentures, de draps, de linge de maison raffinés.
De l’article utilitaire à l’article de luxe où le beau se conjugue à l’utile, les doigts tissent un trésor de variétés. Le travail des femmes cherche à se tailler une place de choix dans une nouvelle émergence économique dans le Maroc du XXI éme siècle.

Les femmes ne négligent aucune matière: le cuir, les tissus, le raphia sont transformés en une multitude de produits séduisants qui parlent notre imaginaire. La broderie marocaine se diversifie, s’internationalise; de r’bati, fassi, tétouani, méknassi, zemmouri ou slaoui, elle s’ouvre à d’autres formes, d’autres spécialités venues de Turquie, de Yougoslavie, de Roumanie, de Norvège …

Créatrices et innovantes, elles passent de la sculpture manuelle au métier traditionnel, offrant une panoplie de dessins et d’expressions. Prises dans le jeu de la broderie, elles sont en mesure de tisser le fil à coup d’aiguille pour en faire des cols et des poignets de chemises ou de robes de haute couture, en derss ou dentelle.

L’artisanat au Maroc : l’éternel retour aux sources

L’artisanat au Maroc : l’éternel retour aux sources

Vous l’avez déjà vu. ou vous le verrez : cet homme, d’un âge mûr, noyé dans une large gandoura, martelant à longueur de jour nec des bassines en cuivre, ou amadouant une peau de mouton rebelle ou encore polissant du bon bois, un tronc de cèdre centenaire et sentant bon, Chaque ride: dans ce visage type renferme un secret, chaque muscle de cet homme déploie une idée chacun de ses gestes émane de l’histoire. C’est le Màalem, le Maitre. l’Artisan, Source vive, père spirituel de l’artisanat moderne. « L’enfanteur » de l’art marocain authentique.

Grâce à lui se réalisa l’alchimie de l’art populaire, devenue alors arts plastiques, art théâtral, art tout court mais sans que la source ne tarit un jour. Au contraire. L’artisanat, à l’origine de l’art marocain, est source, aussi, de devises, bourreau du chômage. Il emploie 500 000 personnes, soit 7% de la population active et ses produits représentent 5% des exportations. En 1980. 8.385 tonnes de tapis, destinés en grande partie a l’Allemagne Fédérale ont rapporté 286 millions de dirhams, soit pour cc seul poste prés de 3% de la valeur totale des exportations, le quart de ce que les agrumes ont rapporté cette année-la. Autant dire que l’artisanat est loin de disparaitre au Maroc, où c’est un Ministère qui préside aux destinées de ce secteur essentiel, riche et diversifié dont l’un des plus beaux fleurons est indéniablement le tapis.