Le tapis marocain

Le tapis marocain

« Là ou est placé ton tapis, se trouve ta maison » Ce dicton veut tout dire. Mais quels âges a-t-il traverse, quels continents a-t-il survolé pour se poser doucereusement à l’extrémité du Maghreb une légende raconte qu’un oiseau venu du Moyen-orient laissa un jour tomber quelques brins de laine multicolore au-dessus du patio où étaient réunies de jeunes tisseuses, Ne sachant quelle colleurs choisir, elles les utilisèrent toutes, Ainsi, aujourd’hui les épais tapis citadins offrent les 7 colleurs de l’arc-en-ciel. Mais ce n’est la qu’une légende dont le ¬seul but est d’attribuer une origine au fameux tapis de Rabat dont la couleur et les éléments du décor sont inspirés en réalité, par des œuvres du Moyen-Orient et d’Asie Mineure. Une œuvre d’art que le tapis de Rabat.

Le R’bati

C’est le tapis classique marocain par excellence : caractérisé par une symétrie parfaite présentant de violents contrastes de couleurs : le rouge, le bleu, le vert ou le marron s’imposent au centre au détriment de couleurs complémentaires dont sont parées les bandes, Un travail de fées, un régal pour l’œil et quel confort pour le pied! Depuis une quinzaine d’années est apparu à Fès, une nouvelle variante de ces tapis citadins : elle présente des teintes plus nuancées dans une densité encore jamais atteinte au Maroc, plus de 10.000 points au mètre carré! Un défi, si bien que d’aucuns le comparent, un peu trop hâtivement au persan.

Les tapis ruraux

L’autre grande famille de tapis marocains, les tapis ruraux ou tapis de tribus, remontent si loin dans le temps, qu’il n’est même pas possible de leur créer une légende. Chaque région, sinon chaque tribu possède son propre modèle. Pourtant tous ces tapis épais ou mince ont un trait commun : les lignes géométriques : lignes brisées, angles ouverts, croix, carrés ou losanges.
La région de la plus grande production est le Moyen-Atlas. Communément tout ce qui n’est pas r’bati est du Moyen-Atlas. Ce n’est pas tout à fait vrai, parce qu’il existe aussi le tapis Haut’¬Atlas sans compter le tapis du fin fond du Sud ou le tapis d’inspiration berbère ou encore le tapis de haute laine écrue, blanche ou marron où il est si agréable de se tenir pieds-nus. La laine de mouton y est pour quelque chose.

Arts artisanaux au Maroc

Arts artisanaux au Maroc

Le travail du cuir

Pays d’élevage, le Maroc possède également un important secteur artisanal du cuir qui a du reste, donné naissance à un mot de la langue française : le maroquin, Porte-monnaie, portefeuilles, sous-mains, babouches, sacs mais aussi vestes et pantalons : en 1980, 630 tonnes de maroquineries ont été exportées vers tous les horizons. Un chiffre multiplié par deux en 6 ans.

Les autres arts artisanaux

Le tapis ou le cuir ne sont qu’une composante, la plus importante certes, mais qui ne devrait pas nous faire oublier les autres petits de l’artisanat marocain.
Les broderies, dans le temps la distraction des jeunes filles aisées (plus maintenant), Rideaux, tentures, tissus d’ameublement, ceintures, nappes et napperons sont les principaux supports sur lesquels les brodeuses ont exercé et exercent encore leurs talents à Azzemour, Chaouen, Fès, Marrakech, Meknès, Rabat, Salé et Tétouan.

Les costumes

L’inévitable Djellaba, le vêtement marocain d’extérieur le plus connu, portée indifféremment par les hommes et les femmes. Simple, c’est une sorte de manteau droit à manches longues que l’on enfile par la tête et qui tombe des épaules aux chevilles. Le burnous, le manteau marocain traditionnel, ou selham qui recouvre la Djellaba. Le Caftan, le vêtement d’intérieur féminin. Soie brochée avec un décor floral de broderies au fil d’or, velours rehaussé de galons et de pansements d’or, ou simple mousseline, il y ‘en a pour tous les goûts et toutes les bourses. La taille est marquée par une ceinture brodée. Dans les grandes occasions, la ceinture est en argent ou en or.

Le travail du bois

Le travail du bois

L’autre valeur sûre de l’artisanat marocain est le travail du bois. Il n’est qu’à parcourir les salles et les patios du Palais de la Bahia à Marrakech pour le vérifier: les portes et les plafonds à cotissons en bois sculpté et peint sont de véritables œuvres d’art. Pourtant le travail du bois émane une sobriété qui touche au dépouillement c’est le domaine des lignes les plus simples et les plus pures. Les cédraies du Moyen-Atlas et du Rif fournissent le matériau de base. Le cèdre, le bois aux mille avantages, en offre un autre et non des moindres, son odeur un peu piquante qui parfume les quartiers des menuisiers comme le souk Nejjarine à Fès. On y fait de tout: les fameux coffres de mariage, les banquettes sculptées pour matelas, bref une série de meubles ciselés avec goût..

Dans cette cascade de modèles, on n’échappe pas aux Moucharabiehs, l’une des originalités de l’art musulman. Ce sont des grilles faites de colonnettes de bois tourné et sculpté entrecroisées; simples balustrades ou vastes cloisons qui isolent les regards tout en laissant passer l’air et la lumière.
La lumière, le mot est lâché.La lumière, voilà la muse généreuse de l’art populaire marocain, voilà qui le perpétue et lui assure sa pérennité méritée..